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Nettoyons la nature

« Ça me fait mal au cœur »

Le lieu est un véritable dépotoir. A quelques pas des quatre tours de l’Observance (Lyon 9ème), le glacis du Fort de Loyasse est jonché de détritus. Des dizaines de sacs poubelles, des centaines de canettes s’étalent sur cette pente raide et boisée qui descend du fort à Gorge de Loup. Il y a même une cuisinière qui a dévalé quelques mètres avant de s’échouer contre un arbre.

En haut de la pente, il y a un parking. « Les gens viennent en voiture, se garent et jettent », s’étrangle Gilbert Gouverneur. « Ça fait six mois que j’ai écrit à la mairie pour qu’elle viennent nettoyer mais il ne se passe rien. » Ce samedi matin, ce formateur en bâtiment à la retraite a donc rassemblé une petite troupe pour mettre lui-même la main à la pâte.

Rendez-vous est donné à 9h30 à la Fourmilière, un local associatif en bas des tours de l’Observance. Sur les 42 participants attendus, ils ne sont finalement que dix à répondre à l’appel. La plus jeune, Lison, 3 ans et demi, est venue en poussette avec sa maman Corinne qui a entendu parler de l’opération sur mesvoisins.fr. Sur la vingtaine de personnes qui s’étaient inscrites via ce site d’entraide entre voisins, elles sont les seules à finalement avoir fait le déplacement, avec Brigitte, la gardienne d’une école toute proche. Célia (photo) et sa copine Basma, 10 ans sont, elles, des habituées de l’action écologique. Toutes les deux élèves en CM2, elles participent régulièrement à des projets de découverte de la nature.

Nettoyons la nature

Avec les autres adultes, elles sont venues participer à Nettoyons la nature, une opération nationale lancée il y a vingt ans par les centres Leclerc. L’entreprise de grande distribution fournit à chaque bénévole un kit complet de nettoyage : gants - des rouges pour les petites mains, des verts pour les grandes - chasuble, sac poubelle et un livret sur le tri. Lors de l’édition 2017, plus de 545 000 bénévoles avaient ramassé en trois jours pas moins de 526 tonnes de déchets dans près de 15 000 lieux, à travers toute la France. L’objectif de l’opération est bien évidemment d’enlever un maximum de déchets mais également de sensibiliser « le plus largement possible le grand public à un sujet qui concerne l’ensemble de la planète », explique l’entreprise.

Si Gilbert Gouverneur a choisi le site du Fort de Loyasse, ce n’est pas un hasard. Il souhaite faire de ce lieu abandonné, qui en 1997 a servi de décor au film Lucie Aubrac, la clé de voûte de la reconquête du quartier. « Il n’y a plus de commerces ici », déplore l’homme qui préside aussi l’association des locataires de la Sarra. Pour redynamiser le quartier, il lorgne sur les quelque deux millions de visiteurs qui montent chaque année à Fourvière et passent par cars entiers devant le fort quand ils redescendent en ville.

Pour les inciter à faire escale, les idées ne manquent pas. Un restaurant bio alimenté par un potager sur place, un éco camping avec des cabanes en bois en bas des arbres, comme à Rambouillet en région parisienne, ou encore un « parc agro-forestier » proposant « des parcours didactiques ou contemplatifs », un projet pour lequel un jeune diplômé de l’école d’architecture de Vaulx-en-Velin a gagné le Prix de la jeune architecture 2017.

Marquer le coup

La petite troupe continue son avancée vers l’entrée du fort. « Je n’aurais pas dû m’habiller comme ça », regrette Brigitte, la gardienne d’école, vêtue d’un pantacourt, « il y a plein de ronces. » Si la nature y est luxuriante, le sol est surtout jonché de vestiges de fêtes nocturnes : packs de bière, bouteilles, canettes. Car si le site est en principe interdit d’accès, l’interdit est régulièrement bravé et les adolescents s’y encanaillent. La mairie vient tout juste de reboucher une brèche dans la clôture mais l’entrée principale du fort a déjà été forcée pour créer un autre accès aux visiteurs du soir.

Ce n’est pas plus joli de l’autre côté de la rue. Derrière le muret, un artisan indélicat a jeté les restes de son chantier : bidet, carrelage, placoplatre... On y trouve même une roue de voiture. Les bénévoles ramassent ce qu’ils peuvent mais tout ne peut être emporté dans des sacs poubelle. « On marque le coup », résume Brigitte.

Une heure et demie plus tard, ils ont ramassé douze sacs pleins. « Ça me fait mal au cœur », soupire Hélène, une autre bénévole. Ils emportent le verre au container, le reste va à la déchetterie. Quant aux immondices qui recouvrent le glacis en contrebas du Fort de Loyasse, elles attendent toujours les services de nettoyage de la ville. Le terrain était bien trop escarpé et difficile d’accès pour l’équipée du samedi matin.

Diaporama : ici

Photo : © Michael Augustin

Publié le : dimanche 30 septembre 2018, par Michael Augustin

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