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De nombreuses manifestations

Les Gratte-Ciel fêtent 80 ans d’histoire utopiste

Quatre-vingt ans et pas une ride. A l’occasion de leur anniversaire, les Gratte-Ciel voient grand. De nombreuses manifestations sont prévues, avant un agrandissement à l’horizon 2027 qui les fera presque doubler de taille.

Affirmer l’identité villeurbannaise face au grand voisin lyonnais. A peine élu, le nouveau maire de Villeurbanne Lazare Goujon, lance en 1926 son plan d’aménagement et d’embellissement de Villeurbanne. La ville, ouvrière et fortement industrialisée, est alors composée de hameaux et de quartiers éloignés les uns des autres, construits sans plan préconçu et séparés par des terrains nus ou cultivés. Marquée par l’immigration, la population a triplé en 25 ans pour atteindre 63 000 habitants. Ils habitent un bric-à-brac de petits immeubles sans grande valeur architecturale et souvent insalubres.

Lazare Goujon, qui veut élever la classe ouvrière, imagine alors un centre-ville où se côtoient logements sociaux, équipements culturels et commerces. Les travaux sont confiés à Morice Leroux, un illustre inconnu. L’architecte s’inspire de trois grandes influences : d’abord la construction d’immeubles en peigne avec des renforcements appelés redents. Puis, l’aménagement des terrasses en gradin. Les deux permettent d’aérer les rues et de laisser pénétrer un maximum de lumière dans les immeubles. Enfin, il reprend la structure des grattes-ciels américains avec leur ossature métallique remplie de briques creuses.

La première pierre est posée en 1931. Moins de quatre ans plus tard, en 1934, est inauguré l’un des rares centres urbains construits autour du logement social et nourris de cette utopie moderniste et hygiéniste dont est porteur le docteur Lazare Goujon. L’ensemble comprend 1450 logements, une mairie, un central téléphonique et un palais du travail. Ce dernier offre, outre une salle de spectacle de 1500 places, un dispensaire, des salles de réunions pour les associations et syndicats et une piscine au sous-sol. Le bâtiment abrite aujourd’hui le Théâtre national populaire (TNP).

L’entrée de ce nouveau quartier est marquée par deux tours de 18 étages. Avec leur soixantaine de mètres de hauteur, ce sont alors les plus hautes tours de France. Elles forment un triangle avec le beffroi de l’hôtel de ville dont l’horloge culmine à 65 mètres de hauteur.

Les appartements offrent un confort extraordinaire pour l’époque : eau chaude et gaz à tous les étages, chauffage central incinérant les déchets, ascenseur, vide-ordures. Les parties communes des logements sociaux sont tout aussi soignées. Les carrelages géométriques des halls d’entrée présentent des dessins différents dans chaque immeuble, les escaliers sont ornés de rampes en fer forgé et les verrières immenses décorées de vitrail art-déco. « Pour Lazare Goujon, il n’était pas question de séparer l’utile de l’esthétique. Ce socialiste était nourri des principes de l’émancipation ouvrière. Les locataires de logements sociaux avaient droit au beau et à un cadre de vie de qualité comme les autres. Le leur refuser eût été du mépris. C’était une question de dignité », explique Philippe Videlier, écrivain et chercheur au CNRS, au journal La Croix.

Cette réalisation spectaculaire n’a toutefois pas porté chance au maire. Face à la crise économique qui surgit et aux manques de fonds pour achever son projet, fortement critiqué pendant les élections municipales de 1935, il sera battu par le communiste Camille Joly. Une partie du projet ne sera ainsi jamais achevé à l’instar du Stadium qui devait accueillir une patinoire, un vélodrome d’hiver et un ring de boxe à quelque 500 mètres du nouveau centre urbain, le long du cours Émile-Zola. « Un cirque immense, climatisé, de 100 mètres de longueur sur 80 mètres de largeur et de 30 mètres de hauteur, sous verrière, avec des gradins, en ciment armé pouvant recevoir dix mille spectateurs », selon les termes de Lazare Goujon. Partiellement construit, il sera démoli en 1966. Ironie de l’histoire : 50 ans plus tard, l’Asvel cherche à se doter d’une arène de cette capacité-là.

Tout ceci n’empêche l’actuelle majorité de fêter cet anniversaire en grande pompe. Une immense passerelle, longue de 250 mètres et inaugurée le 17 juin, accueille une exposition qui plonge dans l’histoire de la construction des Gratte-Ciel et imagine, au travers d’exemples de réalisations ou de projets architecturaux, la ville de demain. Sur le même thème, un forum urbain prendra place les 27 et 28 juin, dans l’espace public devant l’hôtel de ville et le TNP, sous forme de courts débats successifs.

Enfin, un concours photo permet aux villeurbannais de cœur ou de passage d’immortaliser leur vision des Gratte-Ciel.

Mais tout cela ne marque qu’une étape dans l’évolution du quartier. D’ici 2027, il aura franchi le cours Émile Zola pour presque doubler de surface. Le projet Gratte-Ciel Nord comprend 900 logements supplémentaires et 25 000 m² de commerces en plus des 20 000 m² existants. Afin d’affirmer à nouveau l’identité villeurbannaise et lutter contre les forces d’attraction de la Part-Dieu et du Carré de soie.

Publié le : mercredi 18 juin 2014, par Michael Augustin

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